
📅 Lexique mis à jour en mars 2026
Ce lexique du disque vinyle regroupe tous les termes que vous croiserez en achetant une platine, en fouillant chez un disquaire ou en discutant avec d’autres passionnés. Il est organisé par thème pour s’y retrouver facilement : le disque lui-même, la platine et ses composants, la technique, la collection, et le pressing. Débutant ou initié, vous devriez y trouver votre compte.
Le disque vinyle : les termes essentiels
Tout ce qui concerne le disque lui-même, son format, son poids, ses deux faces et les inscriptions qu’on y trouve.
- 33 tours (LP)
- Format standard de l’album vinyle, tournant à 33,33 tours par minute. Le terme LP vient de l’anglais Long Play. Un LP contient généralement 20 à 25 minutes de musique par face, soit 40 à 50 minutes au total. C’est le format de référence pour les albums depuis les années 1950.
- 45 tours (single / maxi)
- Format plus petit (17 cm de diamètre contre 30 cm pour un LP), tournant à 45 tours par minute. Utilisé principalement pour les singles (un titre par face) et les maxis (2 à 3 titres par face). La vitesse de rotation plus élevée permet une meilleure dynamique et une qualité sonore supérieure à surface égale, ce qui en fait le format préféré des DJs et des audiophiles pour les singles.
- 78 tours
- Format ancien, antérieur au vinyle moderne. Ces disques étaient fabriqués en gomme-laque (shellac), fragiles et lourds. Tournaient à 78 tours par minute et contenaient environ 3 à 4 minutes de musique par face. Nécessitent une cellule et un stylet spécifiques pour être lus sans abîmer le disque.
- Sillon
- Rainure en spirale gravée sur toute la surface du disque, de l’extérieur vers l’intérieur. C’est dans ce sillon que le stylet se déplace pour extraire le son. Les variations latérales et verticales du sillon contiennent l’information sonore : plus les oscillations sont grandes et rapides, plus le son est fort et aigu. Un LP standard contient environ 500 mètres de sillon gravé.
- Face A / Face B
- Les deux faces du disque. La face A contient traditionnellement les titres phares ou le premier single de l’album. La face B, parfois appelée « flipside » dans le jargon anglophone, était historiquement considérée comme secondaire, bien que beaucoup de faces B soient devenues cultes avec le temps.
- Label (étiquette centrale)
- Disque de papier collé au centre du vinyle, portant le nom de l’artiste, le titre de l’album, la maison de disques, le numéro de catalogue, les crédits et les droits. À ne pas confondre avec le label au sens de maison de disques. Chez les collectionneurs, la couleur et le design du label permettent souvent de dater et d’authentifier un pressage.
- Poids du vinyle
- Exprimé en grammes, le poids d’un disque vinyle varie entre 120g (pressage économique) et 200g (pressage audiophile). Les pressages 180g et 200g sont réputés plus stables mécaniquement, moins sujets aux voilures, et fabriqués avec un PVC plus pur générant moins de bruit de fond. La corrélation entre poids et qualité sonore intrinsèque est réelle mais pas absolue : un bon pressage 140g peut surpasser un mauvais pressage 200g.
- Galette
- Terme familier et affectueux désignant un disque vinyle. Utilisé couramment dans le jargon des passionnés francophones.
- Microsillon
- Terme technique désignant les sillons fins des disques 33 tours et 45 tours modernes, par opposition aux sillons plus larges des 78 tours en shellac. L’introduction du microsillon par Columbia Records en 1948 a permis de multiplier par dix la durée d’enregistrement par face.
- Plage
- Espace entre deux morceaux sur un disque vinyle, visible à l’oeil nu sous certains angles d’éclairage. La zone de plage est légèrement plus lisse et plus brillante que les zones gravées. Sert aussi à désigner chaque piste musicale du disque.
- Zone de plage intérieure
- Zone lisse non gravée entre le dernier sillon et le label central. Contient souvent des inscriptions gravées à la main ou au tour dans le métal de la matrice : numéro de matrice, nom du graveur, messages cachés. Précieuse pour l’identification des pressages.
- Vinyle coloré
- Disque fabriqué avec du PVC teinté dans la masse plutôt que noir. Souvent proposé en éditions limitées. Beau visuellement, mais les puristes lui reprochent un niveau de bruit de fond légèrement plus élevé que le vinyle noir classique, dû aux pigments ajoutés au PVC.
- Picture disc
- Disque sur lequel une image est imprimée entre deux couches de PVC transparent. L’effet visuel est spectaculaire mais la qualité sonore est généralement inférieure à un pressage standard, car la couche d’impression entre les deux feuilles de vinyle introduit un bruit de fond plus élevé. Principalement un objet de collection.
La platine vinyle et ses composants
La platine est composée d’une dizaine d’éléments qui travaillent ensemble. Chacun a son rôle précis, et chacun peut être amélioré indépendamment.
- Platine vinyle
- Appareil permettant de lire les disques vinyles en les faisant tourner à vitesse constante pendant qu’un stylet suit les sillons. Une platine se compose d’un plateau, d’un moteur, d’un bras de lecture, d’une cellule phono et d’un stylet. Certaines intègrent un préampli phono, d’autres non. Notre guide pour choisir sa platine vinyle détaille tous ces points.
- Plateau
- Disque rotatif sur lequel repose le vinyle pendant la lecture. Sa masse et son inertie sont déterminantes pour la stabilité de la vitesse de rotation. Un plateau lourd en aluminium ou en zinc résiste mieux aux variations de vitesse qu’un plateau léger en plastique. On pose généralement un tapis (feutre, caoutchouc, liège ou acrylique) entre le plateau et le disque pour amortir les vibrations.
- Moteur
- Deux technologies principales s’affrontent : l’entraînement par courroie (belt drive) et l’entraînement direct (direct drive). La courroie isole mécaniquement le moteur du plateau, réduisant les vibrations transmises au disque. L’entraînement direct accouple le moteur directement au plateau pour une récupération de vitesse plus rapide, privilégié par les DJs. Chaque approche a ses partisans.
- Bras de lecture (tonearm)
- Bras pivotant qui maintient la cellule phono au-dessus du sillon et lui permet de le suivre de l’extérieur vers l’intérieur du disque. Sa rigidité, sa masse et ses roulements déterminent en grande partie la qualité de lecture. Il existe des bras droits et des bras en S, chacun ayant des implications sur l’angle d’attaque du stylet dans le sillon.
- Cellule phono (cartridge)
- Élément fixé à l’extrémité du bras, contenant le stylet et le mécanisme de conversion des vibrations mécaniques en signal électrique. C’est le coeur de la platine sur le plan sonore. Il existe deux grandes familles : les cellules MM (Moving Magnet) et les cellules MC (Moving Coil), aux caractéristiques et prix très différents.
- Cellule MM (Moving Magnet)
- Technologie où c’est l’aimant qui se déplace dans le champ des bobines fixes. Signal de sortie relativement élevé (3 à 6 mV), compatible avec la plupart des préamplis phono du marché. Le stylet est généralement remplaçable par l’utilisateur sans outils. Rapport qualité/prix excellent pour les platines d’entrée et de milieu de gamme. Exemples : Audio-Technica AT-VM95, Ortofon 2M Red.
- Cellule MC (Moving Coil)
- Technologie où ce sont les bobines qui se déplacent autour de l’aimant fixe. Bobines plus légères, donc meilleure réponse aux transitoires et détail sonore supérieur selon les puristes. Signal de sortie très faible (0,2 à 0,6 mV), nécessitant un préampli phono MC dédié ou un transformateur step-up. Stylet généralement non remplaçable par l’utilisateur. Prix plus élevé. Exemples : Ortofon Quintet, Dynavector DV-10X5.
- Stylet (stylus)
- Pointe en diamant (parfois en saphir sur les modèles anciens) montée sur un cantilever, qui suit physiquement les sillons du disque. Sa forme détermine le contact avec le sillon : stylet sphérique (conique), elliptique, line-contact ou Shibata. Les formes plus élaborées offrent une meilleure lecture des hautes fréquences et usent moins le disque, mais demandent un alignement plus précis.
- Cantilever
- Petite tige rigide (aluminium, bore, fibre de carbone ou béryllium selon la gamme) reliant le stylet au générateur de la cellule. Sa légèreté et sa rigidité sont déterminantes pour la transmission fidèle des vibrations du stylet vers la cellule. Un cantilever en béryllium est l’un des matériaux les plus prisés en haute fidélité, pour sa rigidité extrême combinée à une masse infime.
- Contrepoids
- Masse ajustable à l’arrière du bras de lecture permettant de régler la force d’appui (tracking force) du stylet sur le disque. Un réglage trop léger provoque des sauts de sillon et une lecture instable. Un réglage trop lourd use prématurément le disque et le stylet. Chaque cellule a une plage de force d’appui recommandée par le fabricant, exprimée en millinewtons ou en grammes (1g = 10 mN).
- Force d’appui (tracking force)
- Pression exercée par le stylet sur le sillon, réglée via le contrepoids. Exprimée en grammes ou millinewtons. Une cellule MM standard tourne autour de 1,5 à 2g. Un réglage correct est l’un des paramètres les plus importants pour la qualité de lecture et la longévité du disque et du stylet.
- Antiskating
- Dispositif compensant la force centripète qui tend à tirer le bras vers le centre du disque pendant la lecture. Sans correction antiskating, le stylet appuie inégalement sur les deux parois du sillon, déformant le son et usant le disque asymétriquement. Le réglage antiskating est généralement égal à la force d’appui en grammes.
- Alignement de la cellule
- Réglage de la position de la cellule sur le bras pour que le stylet soit tangent au sillon à des points précis du disque. Plusieurs méthodes d’alignement existent (Baerwald, Lofgren, Stevenson), donnant des résultats légèrement différents. Un mauvais alignement provoque de la distorsion de traçage, particulièrement audible sur les sillons intérieurs.
- VTA (Vertical Tracking Angle)
- Angle vertical du cantilever par rapport au plan du disque pendant la lecture. Idéalement, il doit reproduire l’angle de la tête de coupe utilisée lors de l’enregistrement, généralement entre 20° et 25°. Sur certaines platines audiophiles, le VTA est réglable en ajustant la hauteur du bras. Un VTA incorrect colore le son : trop haut donne un son fin et brillant, trop bas donne un son épais et grave.
- Préamplificateur phono (phono stage)
- Étage électronique indispensable entre la platine et l’amplificateur. Il remplit deux fonctions : amplifier le signal très faible de la cellule phono (quelques millivolts) jusqu’au niveau ligne standard (~300 mV), et appliquer la courbe de correction RIAA (inverse de la courbe d’égalisation utilisée lors du pressage). Sans préampli phono, le son sera faible et sans basses. Certaines platines l’intègrent, d’autres non.
- Courbe RIAA
- Standard international d’égalisation appliqué lors de la gravure et de la lecture des disques vinyles. Lors de la gravure, les basses sont atténuées et les aiguës sont amplifiées pour permettre des sillons plus resserrés (plus de temps de musique) et réduire le bruit de surface. Le préampli phono applique la courbe inverse pour restituer un spectre plat. Sans cette correction, le son est tinté et déséquilibré.
- Tapis de platine
- Disque posé entre le plateau et le vinyle pour amortir les vibrations et réduire les parasites. Les matériaux les plus courants sont le feutre (léger, économique), le caoutchouc (bon isolant mais peut coller légèrement au disque), le liège et l’acrylique (très apprécié des audiophiles pour sa neutralité). Le choix du tapis a un impact réel mais subtil sur le son.
- Cloche antistatique (record clamp)
- Accessoire vissé ou posé sur la broche centrale du plateau pour plaquer le disque contre le tapis et améliorer le contact mécanique. Réduit les légères voilures, améliore le couplage entre le disque et le plateau, et peut réduire le bruit de fond. Certains passionnés ajoutent aussi un poids de plateau (record weight) avec le même objectif.
Plus d’informations sur le sujet : préampli phono : comment ça marche ?
Technique audio et qualité sonore
Les termes qui permettent de comprendre pourquoi une platine ou un disque sonne mieux qu’un autre.
- Analogique
- Se dit d’un signal audio qui reproduit les variations continues des ondes sonores sans les convertir en données numériques. Le vinyle est un médium entièrement analogique : les sillons représentent physiquement les ondes sonores. Contrairement au numérique qui échantillonne le signal à intervalles réguliers, l’analogique capture la forme d’onde dans sa continuité théorique.
- Rapport signal/bruit (SNR)
- Mesure en décibels (dB) exprimant la différence entre le niveau du signal musical et le niveau du bruit de fond du disque (souffle, craquements, bruit de surface). Un bon pressage 180g neuf atteint -70 à -75 dB de SNR. Un disque usé ou de mauvaise qualité peut descendre à -50 dB, rendant le bruit de fond clairement audible entre les passages calmes.
- Bruit de surface
- Bruit de fond généré par le contact du stylet avec le PVC, indépendamment des sillons gravés. Il se manifeste par un souffle léger en fond de piste. Il augmente avec l’usure du disque, la qualité du PVC et la propreté du sillon. C’est l’une des caractéristiques inhérentes au vinyle que le numérique n’a pas.
- Distorsion de traçage
- Distorsion introduite par le fait que le bras pivotant décrit un arc de cercle alors que la tête de coupe lors de l’enregistrement se déplaçait en ligne droite. Le stylet n’est donc jamais parfaitement tangent au sillon, sauf en deux points précis (les points d’alignement nuls). Cette distorsion est plus prononcée sur les sillons intérieurs du disque, où la courbure relative est plus grande.
- Voilure
- Déformation du disque qui n’est plus parfaitement plat. Peut être légère (quelques millimètres, inaudible) ou sévère (audible comme une variation de volume au rythme d’un tour). Causée par un mauvais stockage (à plat plutôt que vertical), une exposition à la chaleur ou un pressage défectueux. Un clamp de plateau aide à corriger les voilures légères pendant la lecture.
- Wow et flutter
- Variations de la vitesse de rotation du plateau. Le « wow » est une variation lente (inférieure à 1 Hz), perceptible comme un tremblement sur les notes tenues. Le « flutter » est une variation rapide (6 Hz et plus), donnant un son légèrement métallique ou instable. Exprimés en pourcentage, les bonnes platines modernes atteignent 0,05% ou moins de wow et flutter.
- Diaphonie (crosstalk)
- Fuite d’un canal audio vers l’autre. Dans une cellule stéréo, le canal gauche et le canal droit sont gravés sur les deux parois du même sillon (à 45°). Une bonne cellule maintient une séparation des canaux supérieure à 25-30 dB. Une mauvaise séparation rétrécit la scène sonore et réduit la précision de l’image stéréo.
- Masse volumique du PVC
- La pureté du PVC utilisé pour presser le disque détermine directement le bruit de surface. Un PVC recycled ou de mauvaise qualité contient des impuretés qui génèrent des claquements et un bruit de fond plus élevé. Les pressages audiophiles utilisent du PVC vierge de haute pureté, sans recyclat.
- Mono / Stéréo
- Le format mono utilise un canal unique gravé latéralement dans le sillon. Le format stéréo, introduit en 1958, grave deux canaux dans le même sillon à 45° l’un de l’autre : le canal gauche sur la paroi intérieure, le droit sur la paroi extérieure. Pour lire un disque mono avec une cellule stéréo, une cellule mono dédiée est recommandée pour éviter d’amplifier le bruit vertical.
Collection et marché du vinyle
Le vocabulaire du collectionneur, du disquaire et du marché de l’occasion.
- Pressage original (original pressing / first pressing)
- Premier tirage d’un album, réalisé à l’époque de sa sortie. Très recherché des collectionneurs car il est pressé directement depuis les matrices originales, souvent avec un son plus dynamique que les rééditions ultérieures. S’identifie généralement via le numéro de matrice, le design du label et le numéro de catalogue. La valeur d’un premier pressage peut être dix à cent fois supérieure à une réédition.
- Réédition (reissue)
- Nouveau pressage d’un album existant, souvent longtemps après sa sortie originale. Peut être une simple réimpression économique ou un travail soigné de remasterisation depuis les bandes originales. Les meilleures rééditions audiophiles (Mobile Fidelity Sound Lab, Analogue Productions, Music On Vinyl) sont parfois supérieures au premier pressage original.
- Numéro de matrice (matrix number)
- Code gravé dans la zone de plage intérieure du disque, entre le dernier sillon et le label. Il identifie la matrice de pressage utilisée, permettant de dater et de localiser le pressage. Les collectionneurs l’utilisent pour authentifier les premiers pressages. Contient souvent des informations sur le lieu de pressage, le nom du graveur et des messages gravés à la main.
- Gatefold
- Pochette qui s’ouvre en deux volets comme un livre, offrant une surface de présentation double. Utilisée pour les doubles albums, mais aussi pour certains albums simples dont l’artwork mérite plus d’espace. Les gatefolds originaux en bon état sont valorisés par les collectionneurs.
- Pochette intérieure (inner sleeve)
- Enveloppe protégeant directement le disque à l’intérieur de la pochette extérieure. L’originale est souvent en papier simple, source de micro-rayures. Les collectionneurs la remplacent par des inner sleeves en polyéthylène ou polypropylène antistatique pour protéger le disque sans le rayer.
- Obi strip
- Bande de papier japonaise enroulée autour d’un disque importé au Japon, portant les informations en japonais (titre, artiste, tracklist, prix). Très recherchée des collectionneurs car les pressages japonais des années 70-80 sont souvent considérés parmi les meilleurs au monde. Une pochette avec son obi strip original intacte vaut significativement plus qu’une pochette sans.
- Bootleg
- Enregistrement et pressage non autorisé, généralement d’un concert ou d’une session studio inédite. Légalement illicite dans la plupart des pays, mais certains bootlegs historiques sont devenus des objets de collection très recherchés. À ne pas confondre avec le counterfeit (contrefaçon d’un pressage officiel).
- Promo (promotional copy)
- Exemplaire d’un disque envoyé gratuitement aux radios, journalistes et distributeurs pour la promotion d’une sortie. Souvent identifiable par un trou ou une encoche dans le coin de la pochette, un tampon « PROMO » ou « NOT FOR SALE », ou un label spécifique. Les promos sont parfois des pressages légèrement différents des pressages commerciaux.
- Test pressing
- Exemplaire fabriqué en quelques unités seulement avant le lancement de la production en série, pour vérifier la qualité du pressage depuis les nouvelles matrices. Généralement sur étiquette blanche vierge avec le numéro de matrice manuscrit. Objet de collection extrêmement rare pour les albums importants.
- État / Grading
- Notation de l’état d’un disque vinyle et de sa pochette sur le marché de l’occasion. La nomenclature Goldmine est la référence internationale : M (Mint, jamais joué), NM (Near Mint, état neuf), VG+ (Very Good Plus, légères marques d’écoute), VG (Very Good, rayures légères audibles), G (Good, fortement usé). L’état du disque et de la pochette sont notés séparément.
- Disquaire
- Magasin spécialisé dans la vente de disques, neufs et d’occasion. Le Record Store Day, célébré chaque année en avril, est devenu un événement mondial rassemblant les passionnés autour d’éditions limitées exclusives aux disquaires indépendants.
- Record Store Day (RSD)
- Événement annuel célébré le troisième samedi d’avril, et parfois une date secondaire en automne, pour soutenir les disquaires indépendants. Des centaines d’éditions limitées exclusives (rééditions, splatter vinyls, coloured vinyls, coffrets) sont produites spécialement pour l’occasion. Certaines éditions RSD deviennent immédiatement des objets de spéculation.
Le pressage : comment un vinyle est fabriqué
Comprendre comment un disque est fabriqué aide à comprendre pourquoi certains pressages sonnent mieux que d’autres.
- Gravure (cutting)
- Première étape de fabrication : un ingénieur de gravure (cutting engineer) utilise une tête de coupe chauffée pour graver les sillons dans un disque de laque (lacquer disc) à partir du master audio. La qualité de la gravure dépend du savoir-faire de l’ingénieur et du matériel utilisé. Les studios de référence comme Abbey Road, Metropolis ou Optimal font une différence audible sur le produit final.
- Laque (lacquer disc)
- Disque en aluminium recouvert d’une couche de laque de nitrocellulose, utilisé comme support pour la gravure initiale. Très fragile, ne peut être joué que quelques fois avant d’être abîmé. Sert uniquement à créer les matrices métalliques pour le pressage.
- Matrice (stamper)
- Moule en métal (nickel) utilisé pour presser les disques. Fabriquée en plusieurs étapes galvanoplastiques depuis la laque : on obtient d’abord un « père » (négatif), puis une « mère » (positif), puis des « fils » (négatifs) qui servent à presser. Chaque matrice peut presser entre 500 et 1 500 disques avant de s’user. Le numéro de génération de la matrice influence directement la qualité sonore : les premières générations sonnent mieux.
- Pressage (pressing)
- Processus de fabrication du disque : une pastille de PVC fondu (le « biscuit ») est placée entre deux matrices chauffées sous presse hydraulique. Le PVC se répand et prend l’empreinte des sillons des matrices. Le disque est ensuite refroidi et découpé à son diamètre final. Le temps de cycle complet prend environ 30 secondes par disque.
- PVC (Polychlorure de vinyle)
- Matière plastique constituant le disque vinyle. Sa pureté détermine le niveau de bruit de surface. Les pressages audiophiles utilisent du PVC vierge (virgin vinyl) sans recyclat, générant moins d’impuretés et donc moins de bruit de surface. La couleur noire vient du noir de carbone ajouté au PVC, qui a aussi des propriétés antistatiques.
- Mastering
- Étape de préparation du son avant la gravure. Le mastering pour vinyle est différent du mastering pour CD ou streaming : les basses très fortes doivent être atténuées ou mono-centriées pour éviter que le stylet ne saute hors du sillon, et la durée par face influence directement le volume de gravure possible. Un mastering pour vinyle est un vrai métier à part entière.
- Half-speed mastering
- Technique de gravure où la tête de coupe tourne à la moitié de la vitesse normale, et le disque final est joué à vitesse normale. Donne à la tête de coupe deux fois plus de temps pour graver les hautes fréquences avec précision. Utilisé par des labels comme Half Speed Master chez Decca ou Mobile Fidelity pour leurs rééditions audiophiles haut de gamme. Très prisé des audiophiles.
- Direct to disc (DTD)
- Enregistrement et gravure simultanés, sans passer par une bande magnétique intermédiaire. Le signal va directement des microphones à la tête de coupe. Aucune erreur de performance n’est possible car il n’y a pas de montage possible. Résulte en une dynamique et une transparence exceptionnelles, au prix d’une prise de risque totale pour les musiciens.
- Audiophile pressing
- Pressage réalisé avec un soin particulier sur chaque étape : PVC vierge 180-200g, gravure depuis les bandes originales, matrices de première génération, pressage lent sur presses dédiées. Les labels spécialisés comme Analogue Productions, Mobile Fidelity Sound Lab (MOFI), Pure Pleasure, Speakers Corner ou Music On Vinyl sont les références dans ce domaine.
Entretien et accessoires
- Antistatique
- Le PVC accumule facilement les charges électrostatiques qui attirent la poussière. Plusieurs solutions existent : pistolet antistatique, brosse à carbone (carbon fibre brush), tapis antistatique sous la platine, ou liquide déstatisant appliqué avec une brosse de nettoyage. L’électricité statique est l’ennemi numéro un d’un disque propre.
- Brosse de nettoyage (record brush)
- Brosse à fibres de carbone utilisée avant chaque lecture pour éliminer la poussière du sillon. Geste simple et indispensable qui prolonge significativement la durée de vie du disque et du stylet. La brosse doit être maintenue légèrement en contact avec le disque en rotation, avec une inclinaison vers l’extérieur pour évacuer la poussière hors du sillon.
- Machine à laver les vinyles (record cleaning machine)
- Appareil de nettoyage en profondeur du vinyle par aspiration d’un liquide de nettoyage après l’avoir appliqué et brossé dans les sillons. Les modèles à bac rotatif (VPI, Okki Nokki, Pro-Ject VC-S) sont les plus courants. Les machines à ultrasons (Klaudio, Degritter) représentent la technologie la plus efficace mais aussi la plus coûteuse. Un disque propre sonne mieux et use moins le stylet.
- Démagétisation du stylet
- Le stylet peut accumuler des charges magnétiques avec l’utilisation, légèrement colorant le son. Des disques de démagétisation (comme le Cardas Frequency Sweep and Burn-In Record) permettent de remettre le stylet dans son état d’origine. Pratique de niche, surtout utile pour les cellules MC de haute gamme.


