📅 Article publié en mars 2026. Témoignage personnel documenté — deux unités testées, retours SAV inclus. Sources croisées : homecinema-fr, enceintesetmusiques, What Hi-Fi? Forum, Audio Science Review, VintageSonics, The Absolute Sound, Hi-Fi Choice.
Il y a des achats qu’on fait avec confiance. Pas avec naïveté — avec confiance. On a fait ses recherches. On a lu les tests. On a vérifié les récompenses. Et là, tout concordait : Diapason d’Or, Qobuzissime, Ère Numérique. Trois des récompenses les plus sérieuses de la presse HiFi française. Made in France. DAC ESS Sabre 32 bits. Classe A/B. Bluetooth aptX. Une gamme entière — MyDAC, MyGroov, MyZic, MyAmp — qui voulait révolutionner le rapport qualité/prix dans l’audio compact.
J’ai acheté le Micromega MyAmp en 2021. Je l’ai renvoyé deux fois. Et finalement, dans mon salon, c’est mon Eltax Micro System BT à 150 € qui faisait mieux ce pour quoi j’avais acheté l’ampli à 550 €.
Cet article n’est pas un procès Micromega. C’est une question plus profonde — et plus inconfortable pour tout le monde : est-ce que les récompenses de la presse HiFi testent ce qu’on achète vraiment ?
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📍 Le contexte — pourquoi j’ai acheté
Nous sommes en 2021. J’ai besoin d’un système pour le salon — TV, musique en streaming, vinyle occasionnel, Bluetooth depuis le téléphone. Le budget : autour de 500 €. Le cahier des charges : compact, tout-en-un, connectique moderne, qualité sonore au rendez-vous.
J’avais déjà dans le salon une paire de Monitor Audio Bronze 2 (8Ω, 90 dB) et des Eltax Monitor III. Deux enceintes saines, pas difficiles à driver, pas des révélateurs extrêmes — exactement le type d’enceintes sur lesquelles un bon ampli devrait sonner sans effort.
La presse était unanime sur le MyAmp. Pas un avis partagé, pas un « oui mais » — trois récompenses françaises majeures. Je me disais : avec ces enceintes et cet ampli, ce sera bien. J’avais tort.
📦 La gamme My — une vision qui avait du sens
Pour comprendre le MyAmp, il faut comprendre ce que Micromega essayait de faire. En 2012, la marque française lance le MyDAC — un convertisseur USB compact qui fait l’unanimité et reçoit le Choc Classica Hi-Fi. Succès. Elle enchaîne : MyGroov (préampli phono), MyZic (ampli casque), et enfin le MyAmp en 2014.
La vision est claire et, rétrospectivement, visionnaire : des petits appareils compacts, design soigné, DAC intégré de qualité, connectique moderne, prix accessible. En 2014, Micromega déclare sans modestie que « la concurrence asiatique n’a qu’à bien se tenir ». À l’époque, c’était audacieux. Aujourd’hui, avec le recul, on sourit — pas parce que la vision était fausse, mais parce que le Chi-Fi, WiiM et Eversolo ont précisément fait ça, en mieux, quelques années plus tard.
📐 Le choix technique qui a tout compliqué : Micromega a choisi le Classe A/B pour le MyAmp, délibérément — ils ne faisaient pas confiance au Classe D pour les applications HiFi. C’est précisément ce choix qui a imposé un refroidissement actif dans un boîtier minuscule. Et c’est là que tout a commencé à se compliquer.
😤 La réalité — les cinq griefs
1. Un son direct, sans relief
Le MyAmp n’est pas un ampli qui sonne mal. Mais il sonne plat. La scène sonore est correcte — les instruments sont placés, il y a une image stéréo. Mais sans profondeur, sans relief, sans cette sensation que les instruments occupent un espace réel dans la pièce. Sur des Monitor Audio Bronze 2 qui sont précisément conçues pour restituer ce genre de détails, c’était frustrant. Comme si l’ampli nivelait tout à la même distance.
Je n’étais pas seul à le ressentir. The Absolute Sound, dans son test pourtant enthousiaste, admettait que « la scène sonore n’est pas épique, et l’imagerie manque de focus précis. » Hi-Fi Choice notait « un son attaquant qui peut virer vers l’agressif. » Ces formulations prudentes de la presse décrivaient exactement ce que j’entendais — mais elles n’avaient pas empêché les récompenses.
2. Un manque de dynamique et de réserves
Sur le papier : 2×60W sous 4Ω. Dans la réalité : ça manque. Sur des passages dynamiques — une batterie qui claque, une section orchestrale qui monte — l’ampli semblait en retrait, comme s’il ne pouvait pas suivre la demande instantanée. Des avis clients sur Son-Vidéo le confirment : « un peu juste pour la puissance. » Ce n’est pas une question de watts bruts — c’est une question de réserves d’alimentation. Et dans un boîtier aussi compact avec une alimentation switching légère, ces réserves n’existent pas vraiment.
3. Un Bluetooth décevant
L’un des arguments de vente du MyAmp était son Bluetooth aptX — en 2014, c’était censé être une vraie différence par rapport au Bluetooth basique. Dans la pratique ? Hi-Fi Choice l’avait écrit discrètement mais clairement dans son test : « via Bluetooth, il manque de finesse et de profondeur stéréo — c’est une fonctionnalité pratique, mais pas pour l’écoute HiFi sérieuse. » C’est exactement ce que j’ai entendu. En streaming depuis le téléphone, la connexion était instable et le son perdait toute la profondeur qu’il avait déjà en filaire — ce qui était peu.
4. Une télécommande capricieuse
Aucun test ne parle de la télécommande. C’est le détail qui passe à la trappe — pas assez « technique » pour les testeurs. Mais c’est ce qu’on utilise 20 fois par soirée. Celle du MyAmp était capricieuse — il fallait la pointer précisément, parfois répéter la commande, et la réponse n’était pas toujours au rendez-vous. Petit détail, grande irritation quotidienne.
5. Une chaleur excessive
Après 30 à 40 minutes d’utilisation, le MyAmp devenait franchement chaud. Pas tiède — chaud. Pour un ampli Classe A/B dans un boîtier compact sans dissipateurs massifs, c’est prévisible en théorie. Dans la pratique, ça inquiète. Et ça explique ce qui allait suivre.
💨 Le ventilateur — le détail qui tue

Et puis, il y a le ventilateur.
Oui. Le Micromega MyAmp — l’ampli Diapason d’Or, l’ampli Qobuzissime, l’ampli Ère Numérique — a un ventilateur actif. Ce n’est pas un défaut de fabrication. C’est un choix de conception assumé, documenté dans le manuel officiel : « convection forcée » par un ventilateur à lévitation magnétique que Micromega décrit comme « extrêmement silencieux. »
Dans une pièce calme. Assis à deux mètres des enceintes. Pendant les silences entre les notes de piano. Pendant la respiration de Norah Jones avant un couplet. Pendant les passages a cappella. On entend le ventilateur.
Ce n’est pas un bruit de fond subtil qu’on finit par ne plus entendre. C’est un sifflement doux mais constant qui rappelle qu’il y a un ordinateur dans la pièce. Sur les forums, les témoignages convergent. Un utilisateur sur homecinema-fr : « le bruit du ventilateur est horrible dans un bureau, une chambre — durant la veille, lorsque vous n’écoutez rien, le ventilateur est toujours actif et là vous l’entendez vraiment bien. » Sur le forum What Hi-Fi? en anglais, un utilisateur résume en une phrase : « MyAmp is a good little amp except the fan noise. »

Le ventilateur visible sur le côté du MyAmp — un choix de conception assumé, mais audible.
🔴 Ce que la presse savait et n’a pas mis en avant : Le Qobuzissime mentionne le « radiator tunnel, whose ventilator is in charge of cooling down the power amplifiers » — et lui donne le prix quand même. ON-mag mentionne le capteur de température qui déclenche le ventilateur — et le recommande. La presse connaissait le ventilateur. Elle a choisi de le minimiser.
🔧 Le SAV — deux unités, même résultat
J’ai renvoyé le MyAmp. Ventilateur trop bruyant, usage quotidien impossible sur de la musique calme. Micromega m’a renvoyé un deuxième exemplaire.
Même ventilateur. Même bruit.
Ce n’était pas un problème de mon exemplaire — c’était le produit tel qu’il est conçu. Un utilisateur sur homecinema-fr a eu exactement la même expérience : renvoi, réparation (condensateur changé), retour — ventilateur toujours audible. La réponse du SAV Micromega, documentée sur le forum : le produit « est en tout point conforme et ne présente pas de dysfonctionnement. »
Conforme. Un ventilateur audible pendant les silences musicaux est conforme. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le problème n’était pas réparable — il était inhérent à la conception.
⚖️ MyAmp vs Eltax Micro System — papier vs réalité

L’Eltax Micro System BT — aucune récompense presse, aucun problème au quotidien.
Pendant que le MyAmp attendait d’être renvoyé, j’ai réutilisé ce que j’avais dans le salon — un Eltax Micro System BT à environ 150 €. Une mini-chaîne compacte : amplificateur Classe D 2×15W, enceintes deux voies fournies, Bluetooth, entrée mini-jack et dock iPod/iPhone 30 broches. Pas de lecteur CD intégré, pas de radio — juste l’essentiel dans un format minimaliste danois. Aucune récompense. Aucun test dans la presse spécialisée sérieuse.
Et pourtant. Pour regarder la TV le soir. Pour écouter de la musique en Bluetooth depuis le téléphone. Pour une session de streaming en fond sonore. L’Eltax faisait mieux que le MyAmp pour ces usages précis. Pas parce qu’il sonnait mieux en absolu — mais parce qu’il était silencieux, stable, fiable, et qu’il ne m’obligeait pas à monter le volume pour couvrir son propre bruit de fond.
What Hi-Fi? avait d’ailleurs testé l’Eltax en son temps et écrit : « les aigus et le médium sont soyeux et précis sans excès, le grave est tendu et fait preuve d’une bonne tenue. Les voix humaines bénéficient de la conception deux voies des enceintes : elles se détachent bien avec un bel effet de profondeur et de spatialisation. Eltax signe une station sans faille au niveau musical. » Pas de Diapason d’Or. Pas de Qobuzissime. Juste un produit honnête qui fait ce qu’il promet.
| Critère | Micromega MyAmp ~550 € (ampli seul) |
Eltax Micro System BT ~150 € (système complet) |
|---|---|---|
| Architecture | Classe A/B hybride | Classe D |
| Puissance annoncée | 2×30W/8Ω · 2×60W/4Ω | 2×15W/4Ω |
| DAC | ESS Sabre ES9023P 32 bits | Non documenté |
| Bluetooth | aptX | Basique |
| Récompenses presse | Diapason d’Or · Qobuzissime · Ère Numérique | Aucune |
| Refroidissement | Ventilateur actif — audible | Passif — silence total |
| Bluetooth réel | « Manque de finesse » — Hi-Fi Choice | Fonctionnel au quotidien |
| Chaleur usage | Excessive après 30 min | Tiède — normale |
| Usage TV quotidien | Décevant | Satisfaisant |
| SAV | Deux unités · même défaut · « conforme » | Aucun recours nécessaire |
| Verdict terrain | Renvoyé × 2. Revendu. | Gardé. |
Je précise l’évidence : l’Eltax n’est pas meilleur que le MyAmp en absolu. En filaire, sur des enceintes sérieuses, avec le temps de faire chauffer le système — le MyAmp sonnait mieux. Mais ce n’est pas comme ça qu’on écoute de la musique tous les soirs. On allume. On met Bluetooth. On regarde la TV. On écoute de la musique calme. Et dans ces conditions précises, l’Eltax était la meilleure expérience des deux.
📰 Ce que la presse savait — et ce qu’elle n’a pas dit
Je ne cherche pas à attaquer la presse spécialisée. Les journalistes qui ont testé le MyAmp sont compétents, honnêtes, et leurs tests sont réels. Mais il y a une limite structurelle dans le format du test presse que cette expérience illustre parfaitement.
Un test presse, c’est en général 2 à 5 heures d’écoute, dans une pièce de test acoustiquement traitée, avec des enceintes de référence, en filaire, dans les meilleures conditions possibles. C’est l’environnement idéal pour évaluer la qualité intrinsèque d’un produit. Ce n’est pas l’environnement dans lequel vous allez l’utiliser.
Le ventilateur du MyAmp ne se déclenche qu’après que la thermique a monté — soit après 20 à 30 minutes d’utilisation. La plupart des tests ne durent pas assez longtemps pour l’entendre vraiment. Le Bluetooth est rarement testé sérieusement — trop « grand public » pour les standards de la presse HiFi. La télécommande n’est jamais évaluée. La fiabilité sur 6 mois d’usage quotidien ne peut pas être testée dans une session d’évaluation.
Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est une limite inhérente au format. Et c’est précisément pourquoi des témoignages d’usage réel — fussent-ils sur un blog indépendant — ont leur place à côté des tests presse.
🔮 Micromega aujourd’hui — et ce que la suite a prouvé
La gamme My de Micromega est aujourd’hui discontinuée. En 2021, Micromega est rachetée par La Boite Concept, relancée avec une manufacture à Hossegor dans les Landes. En 2025, la marque lance le M-Amp Solo à 3 000 € — un ampli Classe A/B 2×85W avec radiateurs latéraux massifs usinés dans la masse, capot plexiglas transparent, et un module réseau Roon Ready en option. L’architecture est aérée, les cartes sont accessibles et facilement remplaçables. Leçon retenue du MyAmp ?
Et pendant ce temps, ce que le MyAmp voulait être en 2014 — compact, tout-en-un, DAC de qualité, connectique moderne, prix accessible — l’industrie a fini par le faire correctement. Le WiiM Amp Ultra à 599 € : 100W, DAC ESS 32 bits, streaming multiroom, Bluetooth aptX HD, HDMI eARC, DSP RoomFit — sans ventilateur, sans chaleur excessive, sans bruit de fond. L’Eversolo Play à 699 € : même philosophie, même résultat. Le Chi-Fi avec le SMSL AO300 Pro à 269 € : puces modernes, alimentation correctement dimensionnée, silence de fond total.
La vision de Micromega en 2014 n’était pas fausse. Elle était juste en avance sur ce que les composants et les architectures disponibles permettaient de réaliser correctement à ce prix. Le MyAmp était peut-être un produit né trop tôt — avec une conception thermique qui ne pouvait pas tenir ses promesses dans le format qu’ils s’étaient imposé.
💡 Conclusion — ce que cette expérience m’a appris
J’ai acheté le Micromega MyAmp parce que trois récompenses sérieuses me disaient que c’était le bon choix. J’aurais dû me poser une question différente : est-ce que ces récompenses testent ce dont j’ai besoin ?
Un Diapason d’Or récompense la qualité sonore intrinsèque d’un produit dans des conditions idéales. Il ne récompense pas la fiabilité sur 6 mois. Il ne teste pas si le ventilateur vous réveille pendant les silences. Il n’évalue pas si le Bluetooth tient ses promesses le soir sur le canapé. Il ne demande pas si le SAV résout les problèmes ou confirme que c’est « conforme. »
Ce n’est pas une critique du Diapason d’Or. C’est une invitation à lire les récompenses pour ce qu’elles sont — des évaluations de qualité sonore en conditions contrôlées — et à les compléter avec des retours d’usage réel avant d’acheter.
Le MyAmp avait une belle signature sonore sur 30 minutes en écoute critique. Il était insupportable sur 3 heures de soirée. Les deux peuvent être vrais en même temps. Et seul l’un des deux va conditionner votre vie quotidienne avec cet appareil.
💡 Ce que j’achèterais aujourd’hui pour le même usage : TV + Bluetooth + streaming + enceintes passives, budget 500-600 €. Sans hésitation : le WiiM Amp Ultra ou l’Eversolo Play. Tout ce que le MyAmp promettait — en mieux, en plus stable, en silence total. Et sans ventilateur.
📚 Pour aller plus loin
Ce que le MyAmp voulait être, en réussi
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Micromega — 40 ans de HiFi français entre génie et malchance
L’histoire complète de la marque — pour comprendre le MyAmp autrement
99 € contre 1 200 € — ce test m’a mis mal à l’aise
Un autre regard sur le prix et la valeur réelle
Comment l’Asie a fini par faire ce que Micromega tentait
Cet article ne contient pas de liens affiliés vers les produits évoqués (MyAmp et Eltax, tous deux discontinués). Les liens vers les alternatives actuelles (WiiM Amp Ultra, Eversolo Play, SMSL AO300 Pro) sont des liens affiliés Amazon.


